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    2/28/2008

    Mémoire


    Il s’agit maintenant d’images mémorisées

    D’une mémoire où se révolte le passé

    De ces passages où seul la beauté

    Pouvait s’inscrire sur les visages

    Des portraits chatoyants

    Neutre d’histoire

    Et ses airs vivants

    Remplissent ma mémoire

    La création est derrière un masque

    Tout empire est ostentatoire

    Car l’être demeure charnel et fantasque

    De civilisations frivoles et dérisoire

     

    Anne Marie


    2/7/2008

    Même les étoiles meurent

    Tu sais mon amie

    Nous avons eu ce cadeau

    Que nous appelons la vie

    Elle se vantait câline mais c’est faux

    S’est promise, longue, mais Elle a menti

    Elle nous a menée en bateau

    Faites beau voyage nous a- t’Elle dit

    Le bonheur c’était être sur l’eau

    Et la nage était un moment d’orgie

    Sur ce tapi dense d’immensité

    Où le ciel nous enveloppa de sa beauté

    Où il n’était jamais question d’ancrage

    Et nos rêves n’étaient que soleil et plages

    Qu’il faisait bon, s’enivrer du vent

    Libres comme des oiseaux, pures comme leurs chants

    Le bonheur nous rendait beaux, panachés de sentiments

    Le désir n’était qu’un horizon des flots au soleil levant

    L’aurore nous donna sa texture, son parfum et son goût

    Elle nous détacha de la luxure et de la mer

    Nous enseignant de vivre que par amour

    Et nous assoiffant en réchauffant l’atmosphère

    J’aime encore y penser

    Quand nos ambitions n’étaient que paysages

    Nous nous contentions de les contempler

    Et quand nous accostions à ses rivages

    Je n’ai pas vu de mes yeux et n’ai pas pu trembler

    Notre bateau meurtri par un immense orage

    Notre ciel si limpide a été brisé

    Et la mer qui se leva en une immense vague

    Toute cette masse d’eau si légère qui nous portait

    Pouvait soudainement devenir si lourde

    Sa lourdeur pouvant nous naufrager

    Transformant notre sang en couleur pourpre

    Des nélombos étaient le jardin de notre maison

    Les requins nos animaux, l’amour sa cargaison

    Notre noyade ressemble à un repos d’enfants

    Notre vie fragile comme les fleurs du printemps

    Les saisons sont éternelles et demeurent

    Où même les étoiles meurent.

     

     

     

    Anne Marie

    2/5/2008

    Journal dun Detenu

    Texte adapté

    Interprété par Racionais MC

    São Paulo, le 1er octobre 1992, 8 h du matin.

     

    Je suis ici, un jour encore

    Sous le regard sanguinolent des gardes dehors

    Tu ne sais pas ce que c’est d’avoir tout nos pas

    Et notre tête sur la mire d’une HK

    Mitraillette allemande ou israélienne, J’ai entendu parler

    Déchire un mec comme du papier

    Sur le mirador, debout

    Juste un citadin c’est tout

    Servant l’état, le PM s’adonne

    Parce qu’il a faim il se prend pour Charles Bronson

    Il devine mes désires et même mieux,

    Il devine mes pensées

    Aujourd’hui le temps est pluvieux

    La tension est dans l’air de cette journée

    Plusieurs ont essayés de fuguer

    C’est sûr moi aussi, je veux essayer

    Tu sais mec, dans les milieux carcéraux

    La chance n’est pas entre 1 et 100, elle est zéro

    Es ce que Dieu a entendu mes prières

    Es ce que le juge me sortira de derrière ses barrières

    J’ai envoyé à mon frère un message

    « Touches à la drogue… Et je te casse la gueule grave »

    Il est toujours avec la même meuf

    Belle mine jamais arrêtée par un ceuf

    J’ai pris un jour de moins ou un jour de plus, je ne sais plus trop…

    Je m’en fou, ici tous les jours sont égaux

    J’allume ma cigarette et je vois le jour passer

    Je tue le temps pour qu’il ne puisse pas me tuer

    Un homme c’est un homme et une femme c’est une femme voilà

    Un violeur… c’est différent n’es ce pas ?

    Prend des coups tout le temps, saigne et baise les pieds

    Meure se vidant de son sang, payant tous ses péchés

    Chaque détenu une mère, une croyance

    Chaque crime, une sentence

    Chaque sentence un motif, une histoire de larmes

    Souffrances de tous genres et corruption de son âme

    Abandon, haine, misère dans un seul contenu

    Tous ça dans la vie et vous avez un détenu

    Dans les couloirs, dans les cours et cellules tout le monde se plaint

    Au tour, dedans et dans tous les coins

    Mais je connais le system vieux, ici n’y a pas de saint

    Ratatata… c’est juste que je veuille éviter

    Qu’un conard puisse faire ma mère pleurer

    Ma parole a de l’honneur et me protège

    Me permettant de survivre au pays où règne les pantalons beiges

    Tic, tac, il est encore 9:40

    La montre en taule avance en camera lente

    Ratatata… Encore un métro qui va passer

    Avec des gens biens, mais trop pressés

    Lisant le journal, satisfaits, hypocrites à en crever

    Enragés, tous en direction du centre pour bosser

    Ils regardent vers ici, curieux, c’est Logique

    Sauf qu’ici ce n’est pas le parc zoologique

    Nos vies n’ont même pas autant de valeurs

    Que vos téléphones portables et vos ordinateurs

    Aujourd’hui sans soleil c’est dur dans la taule

    Ça veut dire pas de visites, pas de football

    Y a quelques taulards, pas très malins

    Ils ne supportent pas l’ennui, et font chier ces puteins

    Je remercie Dieu et la vierge pour tout

    Car il ne me reste plus qu’un an, 3 mois et 7 jour

    Y a une cellule en haut, abandonnée

    Depuis mardi on ouvre pour rien, ça reste fermé

    Y a cette odeur de mort et de détergent

    Une cellule désertée par son occupant

    En tout cas lui, plus jamais il ne se plaindra

    Hier dans la nuit il s’est pendu avec un drap

    Lequel ? Pourquoi ? Qui le sait, ça ne compte pas

    Il avait encore 6 à tirer, et pas que des mois…

    Pour un homme, y a rien de plus aberrant

    Que l’abandon de ses propres parents

    Alors ptit con… vien là, tu cherches quoi ?

    Une place ici n’attend qu’après toi

    Prends tous tes articles électroniques importés

    Et ton curriculum criminel pour te torcher

    rappelle toi que la vie de bandit est sans futur

    Ta gueule devient pâle de ce coté du mur

    T’a déjà entendu parlé de Lucifer

    Qui est venu de l’enfer pour nous faire peur

    Un jour… dans la prison du Carandiru…

    Il n’était qu’un détenu de plus

    Mangeant du moisi à base de pneumonie

    Ici il y a les frères des quartiers chauds

    Jardin Brasil, Mogi, Parelheiro

    Jardin d’Abril et Osasco

    Heliópolis, Itapevi, Bela Vista

    Paraisópolis, Jardin Angela

    En pénitentiaire les voleurs sont des types bien

    Mais pour l’état c’est qu’un numéro, plus rien

    9 sections, 7000 hommes à Carandiru

    Qui coûte 300 reais par mois et par individu

    Ma dernière visite quand ptit black est venu ici

    Il m’a apporté un fruit, des « malboro » et des»free»

    J’ai appris qu’un sale type est revenu au quartier encore

    Avec une Kadett rouge et la plaque de « Salvador »

    Il insulte et viole la plus part du temps

    s’y prend pour un caïd avec un 9 millimètres sous son blouson

    Moi: - « Et houais alors ptit black, viens là, raconte… et les frères ou ils sont passés?

    Tu te rappelles de cette tapette qui a essayé de me tuer? »

    Black: - »Ce putain de ma queue, malfrat, cocu heureux? 

    Ce défoncé qui envoyait sa meuf se faire foutre. 

     Vierge, mineur et maintenant elle suce pour de la poudre. »

    Moi: - »J’aime pas ces histoires… 

    Quand j’s’rais dehors il va voir… »

    Black: - »La terre tourne, il peut même venir là. »

    Moi: - »Non non, bientôt mon procès va arriver 

    Je veux sortir, je veux changer. 

    Si je le coince celui-là y aura pas de bang bang du tout

    Et je signerais encore pour cent vingt et un jours»

    Le soleil est sorti ce 2 octobre

    Tout était normal pour les survivants de l’opprobre

    Dans la nuit j’ai eu des sueurs froides

    Du type un peux froussardes

    Des règlements de comptes on a presque tous les jours

    Bientôt il y aurait un autre, pour celui là je savais tout

    De la loyauté c’Est-ce que Tous les prisonniers tentent

    Chercher la paix, d’une manière violente

    Les baiseurs on les prend et on les entaille

    Ça prend des points de suture à la Frankenstein

    Oula… de la fumée par la fenêtre d’une cellule

    Merde… ça fait boum… y a des otages et ça brûle !

    Pour la plus part, influencés par de la merde

    Par 5 ou 6 qui n’avait plus rien à perdre

    2 conards bien vus se sont bagarrés

    On s’y attendait pas mais c’est arrivé

    Trafiquants, Homicides, stellionataires

    Une majorité des gamins du primaire

    Une issue que l’état attendait depuis toujours

    Appelez les médecins légistes… il est venu le grand jour!

    Et tout ne dépend que d’un « oui » ou d’un « non »d’un seul homme

    Qui préfère rester neutre par téléphone

    Ratatatà, caviar champagne et langouste

    Fleury est parti déjeuner, que tous aillent se faire foutre

    Des chiens assassins et du gaz lacrimo aussi…

    Les têtes des prisonniers valent un prix

    Dans ce pays les êtres humains peuvent-être jetables vivants

    Comme des couches culottes ou du papier absorbant

    Des prisoniers… bien sur que le system n’en voulait plus

    Et je cache en plus ce que les novelas ont tu

    Ratatatà, ça pisse beaucoup de sang

    Des oreilles, des narines, des bouches ouvertes en grand

    Le seigneur est mon berger…

    Pardonnez vous enfants pour leur péchés

    Ils sont morts sur le ventre, Ce sont les écrits sacrés…

    Sans armes ni secourre, sans reporter pour témoigner

    Dans la gueule des chiens, les bouts des prisonniers

    Dans les puits et les cours les cadavres s’entassés

    Même pas un prêtre pour prier

    Adolf Hitler, venu de l’enfer pour rigoler

    Le Robocop du gouvernement est froid

    Il n’a pas de pitié et est au dessus des lois

    Ratatatà, Fleuri et son clan

    Pourront nager dans une piscine de sang

    Ma déposition ne sera sûrement pas crue

    Je signe : Le 3 octobre, « Journal d’un Détenu »

     

     

     

     

     

    (Texte traduit du portugais